Terres de traverse : d’où ça vient ?

J’ai créé Terres de traverse parce que je suis convaincue que notre existence s’enrichit considérablement lorsque nous acceptons la complexité d’un être — et de la vie — au lieu de chercher à les réduire à des définitions simplistes.

Au cours de ma vie, j’ai souvent été confrontée à cette tendance des gens à vouloir classer ou simplifier ce qui est pourtant, par nature, complexe : une personnalité, une manière d’être, une sensibilité, un regard sur le monde. Comme si comprendre quelqu’un (ou quelque chose) nécessitait forcément de trouver une explication ou une case “taille unique” dans lesquelles les ranger.

Mais cette obsession de la simplification ne concerne pas seulement les individus : elle s’infiltre aussi dans notre rapport au quotidien. À force de vouloir aller toujours plus vite, à force de disperser notre attention aux quatre vents, nous perdons peu à peu le contact avec la simplicité, avec le sens et surtout avec nous-mêmes. Tout ce qui donne de la profondeur à la vie. Choix et discernement deviennent alors des alliés précieux dans notre quête d’une existence qui sonne plus juste.

C’est aussi ce qui m’a inspiré ce nom, Terres de traverse : l’idée d’un espace où rien ne presse, où l’on peut explorer en toute liberté, sans devoir immédiatement définir, classer ou choisir une direction précise. J’y rassemble notamment des textes autour de ce qui donne tout son sel à une existence : les chemins de traverse que nous empruntons et qui s’avèrent parfois sans issue, ceux qui au contraire nous rapprochent de nos rêves, les petits bonheurs du quotidien, la beauté dans l’ordinaire, les questions existentielles et tout ce qui mérite d’être regardé avec attention — et intention.

Je ne peux pas vous faire de promesses quant à ce que vous trouverez sur ces terres, car les chemins de traverse ont rarement l'élégance de nous mener là où nous pensions aller. Mais j'espère que vous y trouverez, de temps à autre, un peu de compagnie dans votre propre quête existentielle, et aussi quelques mots pour nommer l'indicible. Et, surtout, qu’ici vous vous sentirez libres d'exister en entier.


Quelques mots à propos de moi

Je suis Veronica, accro aux carnets de chez Søstrene Grene, écrivaine et amoureuse de la slow life autant que des mots. Comme vous peut-être, j'ai passé des décennies à essayer de me rendre plus acceptable, plus "normale", à faire des contorsions émotionnelles pour être aimée... Jusqu'à en oublier qui j'étais. Cela m'a coûté ma santé mentale, mon estime de moi. La vie, presque.

Nous sommes si nombreux à vivre ce tiraillement entre la personne que nous sommes et celle que les autres voudraient que l’on soit, abîmés par les jugements faciles, suffocant dans un costume trop petit pour nous et payant au prix fort le fait de vivre à contre-soi. Pourtant, il existe un autre chemin : celui de l’acceptation de soi.

Exister en entier, mon premier livre, et de futurs compagnons de route (actuellement en préparation), sont nés de cette conviction : nous ne sommes pas seul·es dans cet exil, et nous n’avons certainement pas besoin de devenir “une autre version de nous”. Nous avons surtout besoin de ralentir. De regarder autrement, de penser autrement, de vivre autrement. Car c’est la qualité de notre présence qui transforme, indéniablement, notre relation à la vie.