Une philosophie de vie entre simplicité et profondeur, vers une relation plus consciente au temps, à la vie et à soi.
Vers une écologie personnelle
Nous passons beaucoup de temps à tenter de donner un sens à notre existence, à voir nos rêves et nos espoirs malmenés par le rythme de cette vie qui ne fait qu’accélérer. Comme si la machine était bloquée sur le programme essorage maximum et que nous observions, impuissants, le monde tournoyer à travers le hublot. Sans plus avoir le temps de regarder autour de soi, ni même de penser, parfois. Pourtant, la qualité de notre présence peut réellement transformer notre relation à la vie. Peut-être que nous prenons le problème à l’envers, en voulant à tout prix attraper ce sens qui semble nous échapper toujours plus. Peut-être que, plutôt que de le “trouver”, il suffit de lui laisser suffisamment d’espace pour qu’il puisse émerger spontanément.
Or, cela n’est possible que lorsque notre attention n’est plus accaparée par le vacarme numérique et les sollicitations constantes. Ralentir. Regarder. Écouter. Ressentir. Et renouer avec une façon d’exister qui ne demande pas de se détourner de soi. Car tant que l’on ne s’extrait pas de ce tourbillon des temps modernes, petit à petit, on s’éloigne de soi, jusqu’à ne plus savoir qui l’on est. Vivre à contre-soi en est l’une des conséquences, l’une de celles qui mène tout droit au désamour de soi.
C’est pour cette raison que j’ai créé Terres de Traverse, un espace littéraire dédié à cultiver une forme d’écologie personnelle. Ici, les mots n'ont pas vocation à enfermer la vie dans des cases rigides : ils proposent simplement une autre façon de la regarder. Libre à chacun d'y trouver, ou non, un écho à sa propre expérience.
Être présent
Nous sommes nombreux à ressentir une résistance face au rythme de vie qui nous est imposé, et qui est souvent en profonde contradiction avec notre façon de ressentir et percevoir le monde. Un rythme qui n’est pas sans conséquence sur notre concentration, sur notre énergie ou encore sur notre relation à nous-mêmes. Dans le brouhaha numérique perpétuel qui érode lentement notre précieuse attention, nous avons peu à peu abandonné une qualité de présence pourtant indispensable. Car sans réelle attention (et intention), nous perdons l’accès à ces détails infimes qui pourtant donnent de la texture à l’existence.
L’infinie beauté cachée dans l’ordinaire, une jolie émotion qui nous traverse, un regard tendre partagé avec un être cher. Autant de petits riens qui pourtant, ensemble, finissent par devenir des instants essentiels dans nos vies surchargées, comme de petits rendez-vous avec soi-même. C’est ce que j’appelle l’écologie de l’attention : être vraiment présent, en chaque instant, et prendre soin de ces moments ordinaires, ceux qui sont si souvent considérés comme de simples détails alors qu’un jour, ils deviendront des morceaux de vie que nous chérirons.
Regarder autrement
Il existe littéralement des dizaines, des centaines de façons de nourrir cette philosophie au quotidien. Et cela commence par : prendre le temps de prendre le temps. Lire quelques pages de ce livre resté dans la valise depuis les dernières vacances, respirer le parfum d’une fleur en allant chercher sa voiture, fermer les yeux et sentir le vent effleurer notre peau. Consacrer toute notre attention à ce gentil message reçu d’un être cher. Poser notre téléphone quelques minutes pour prodiguer des câlins à nos animaux qui, eux aussi, souffrent de notre “absence”. Tout est source de beauté, de réflexion ou d’inspiration. Ces petits bonheurs du quotidien, ils sont accessibles à tout un chacun, à condition de regarder vraiment. D’écouter. De ressentir.
Lorsque l’on retrouve cette qualité d’attention, la vie révèle toute sa profondeur. Tout comme nos liens, eux aussi fortement abîmés par le monde numérique. Quand nous entretenons avec soin ce sens de la présence, c’est tout un monde qui s’ouvre à nous — bien plus vaste que celui que nous pensions connaître.
Le temps semble alors comme ralenti, et ces instants auparavant si rares finissent par devenir les essentiels de notre bien-être.
Exister en entier
Un point commun revient régulièrement chez les êtres de traverse : cette impression de vivre en décalage avec le monde qui les entoure. Épuisés par une culture qui valorise la vitesse et la performance, et qui pousse l’adaptation au-delà du raisonnable, ils finissent par se réfugier dans l'immensité de leur univers intérieur. Peu à peu, leur solitude, celle de passer davantage de temps dans sa tête que dans sa vie, se mue en exil. Un exil social, certes, mais surtout intime. Car à force de vivre loin de soi, il devient de plus en plus difficile de rejoindre la vie.
Ils sentent intuitivement que quelque chose, dans notre manière de vivre, ne tourne plus rond, mais à force de se heurter au jugement et à l’incompréhension, ils en ont déduit qu’ils étaient “simplement” inadaptés à ce monde — et que la seule façon de vivre en paix avec les autres était de retenir leurs élans et leurs émotions. Paradoxalement, ils n’en peuvent plus que l’on simplifie leur personnalité et leurs états d’âme, ni qu’on les compresse dans des normes qu’ils ne comprennent pas. À juste titre d’ailleurs, car vivre à contre-soi, c’est la voie express vers le désamour de soi et ce douloureux “Je ne sais plus qui je suis”.
Le premier pas vers soi n’est pas de devenir quelqu’un d’autre ni une prétendue “meilleure version de soi” : c’est de faire la paix avec nos mille et une nuances.
Quelques compagnons de route
Changer sa relation à la vie | ralentir
Trois textes réflectifs sur la qualité de notre présence, fortement abîmée par la vie moderne, et l’impact que cela provoque sur notre relation à la vie.
Le chemin de traverse | se retrouver
Un parcours en cinq réflexions autour du chemin de retour à soi, pour explorer ce qui nous éloigne sournoisement de nous-mêmes et prendre conscience du coût de la suradaptation.
Exister en entier | le livre
Cent mots pour dire l’indicible : la sensibilité, la différence, le chaos et la beauté de la (neuro)diversité. Une traversée intime, viscérale et sinueuse à travers les mille et une nuances de mon esprit — et peut-être aussi du vôtre.
D’autres compagnons arrivent bientôt. Deux immersions audio, pour celles et ceux qui souhaitent explorer ces chemins de manière plus complète :
Écologie de l'attention : Changer sa relation à la vie grâce à la qualité de notre présence.
Indocile : Choisir l’intégrité plutôt que la suradaptation.
"Tes mots m'ont rappelé que j'avais oublié de m'aimer. Ils me font chaud au cœur, comme ceux d'une amie qui ne voudrait que mon bonheur."
"J’ai l’impression d’avoir appris un nouveau langage, celui de l’amour inconditionnel de soi. Merci de mettre des mots sur ce que nous sommes nombreux à ressentir."
"Lire ton livre m’a donné envie de m’aimer un peu mieux. Pour la première fois, je me dis que je n’ai pas à avoir honte de celle que je suis et j’ai l’impression d’avoir une nouvelle vie devant moi."
Exister en entier | le livre compagnon
Un message d’espoir pour celles et ceux qui se sont toujours sentis trop — ou jamais assez. Cent mots pour enfin exister en entier.
Moi-même concernée par la neuroatypie, j'ai passé des décennies à me sentir trop et nulle part à ma place... jusqu'à ce qu'une dépression me force brutalement à tout remettre en question.
Ce livre est né de cette traversée : il raconte les mille et une facettes de notre monde intérieur et ce que l’on ressent lorsqu’on se sent en décalage permanent avec les autres — et il montre que l’acceptation de soi reste possible même dans la complexité.