J’écris pour toutes les personnes qui se sentent à l’étroit dans notre monde et qui veulent oser exister en entier.
Bienvenue sur mes Terres de traverse
Je suis Veronica, écrivaine, amoureuse des mots, de la nature et de l’idée d’une Analog Happiness ; c’est ma manière d’injecter de petites doses de joie dans mon quotidien.
Mon bonheur tient en peu de choses : un livre, un joli carnet pour écrire (car la beauté a son importance), un appareil photo, des balades en nature, des conversations interminables qui commencent quelque part et se terminent ailleurs et, plus que tout, la simplicité d’une vie ordinaire. Perdre la notion du temps dans mes innombrables interrogations existentielles, aussi.
Au fil du temps, j’ai constaté que les personnes attirées par cet espace partagent souvent une sensibilité particulière, une curiosité insatiable et ce désir impérieux de comprendre, d’apprendre et de donner du sens aux choses. Hélas, le monde étant ce qu’il est, beaucoup ont appris à faire semblant et à s'adapter jusqu'à l'épuisement, ce qui ne fait qu’alimenter davantage un sentiment de décalage déjà tenace lorsqu’on se sent un peu “différent”. C’est ce que j’appelle vivre à contre-soi.
Comment exister quand on ne se sent pas en phase avec le monde actuel ? C’est la question au cœur de Terres de traverse.
J’ai parfois la sensation que le désir de vivre simplement est devenu une rébellion.
Plus personne ne peut l’ignorer : notre attention est sollicitée de toutes parts et nos journées sont souvent rythmées par une succession infernale de notifications, d’obligations et d’urgences qui en sont rarement ; c’est ainsi que nous finissons par traverser nos vies comme des somnambules, sans plus y prêter attention et présents sans vraiment l’être. Dans ces conditions, prendre le temps de penser, de réfléchir, de ressentir et même de choisir son propre chemin peut sembler aller effrontément à contre-courant. Et cela m’attriste que l’on se sente obligé de suivre certaines voies plutôt que d’autres. Pourtant, quelle plus belle consécration peut-on espérer de la vie que de tracer notre propre route ?
Terres de traverse, c’est un espace de réflexion que j’ai voulu sans filtre, dans l’idée bien sûr de reconsidérer notre rapport à la vie, mais aussi d’explorer la richesse de la vie intérieure, souvent négligée, et questionner la liberté de vivre autrement.
Je m’y interroge, par exemple, sur les conséquences d’être vissés à nos téléphones du matin au soir, aspirés dans un scroll sans fin et une sorte d’urgence à tout partager, parce que je trouve que cela nous éloigne non seulement de la vie mais aussi de nous-mêmes. Souvent, la nostalgie étreint mon cœur : je me souviens de ce que ça faisait de vivre sans toute cette technologie, et je regrette que ces frontières aient été brouillées par le “progrès”. Avec ce maudit objet à la main, ce n’est que la moitié de nous que nous offrons aux autres. La moitié de notre attention, aussi, dans le meilleur des cas. Mais moi, je ne veux pas de demi-mesures. Les gens et les choses que j’aime, je les veux entièrement.
Mais mes questionnements sont bien plus vastes et peuvent aller de notre rapport à la solitude à la place de la beauté dans notre recherche d’équilibre, de notre expérience humaine aux schémas relationnels que nous considérons comme allant de soi, en passant par notre lien aux animaux et à la nature. Il n’y a rien que je m’interdise d’aborder, et j’aime laisser mon esprit gambader librement par monts et par vaux.
Tous ces sujets, en apparence éloignés les uns des autres, sont pourtant autant de facettes d’une seule et même question : comment exister en entier lorsque tout nous pousse à réfréner notre façon d’être ainsi que nos aspirations ? De temps à autre, j’aime bien les lier à des souvenirs personnels et en faire des récits immersifs pour provoquer une émotion, car il suffit souvent de faire un pas de côté et de déplacer son regard pour envisager d’autres perspectives.
Pour m’inspirer, je puise dans la littérature, la philosophie, le quotidien, la nature, dans mes lectures et mes conversations, ou même dans mes rêves. Toutes les idées qui me traversent sont matière à réflexion et, parfois, ma propre expérience également. Mais je ne crois pas — plus — qu’il soit nécessaire de raconter toute son histoire pour explorer ce qui nous touche.
C’est aussi ce qui me plaît dans l’écriture essayiste : elle me permet de chercher sans prétendre tout savoir. De suivre une intuition, de faire dialoguer des idées, de regarder une question sous plusieurs angles, et de simplement voir ce qui se passe. Sur ces terres, vous ne trouverez pas de recettes magiques pour mieux vivre, ni de leçon de développement personnel creuse et générique. Plutôt des pensées vagabondes, quelques élans subversifs et beaucoup de questions sans réponses. J’avoue que j’aime l’idée que mes textes puissent offrir un regard différent sur le monde… et peut-être même sur soi-même.
En tout cas, je suis convaincue que notre manière de vivre et la qualité de notre vie intérieure sont intimement liées.
Ce à quoi nous accordons notre temps et notre attention façonne, indéniablement, notre expérience du monde ; alors la place que nous laissons à la nature, aux livres, à la création, à la solitude, aux conversations ou aux plaisirs ordinaires compte bien davantage qu’on ne le croit.
Ce que j’aime dans la simplicité, c’est cette liberté qu’elle peut rendre possible : consommer moins, autant sur le plan matériel que virtuel, mais mieux, c’est le premier pas pour faire davantage de place à ce qui compte. Reprendre possession de son temps, choisir ce que l’on laisse entrer dans sa vie (ou qui), préserver son attention, s’accorder le droit de suivre un chemin qui ne ressemble pas forcément à celui des autres.
Évidemment, vivre autrement ne se résume pas à ralentir, à enchaîner les détox digitales ou à collectionner les jolis rituels qui pullulent sur les réseaux sociaux, non. Cela passe aussi par des choses pas toujours agréables, comme questionner les normes qui régissent nos existences, les attentes auxquelles nous nous plions sans rechigner et prendre conscience de toutes les possibilités que nous écartons parfois sans même les avoir envisagées.
Et puis, il y a la beauté, celle qui fait du bien à l’âme.
Celle d’une lumière particulière un après-midi ordinaire, celle d’une phrase qui porte exactement les bons mots. La beauté époustouflante d’un paysage qui nous arrête dans notre élan, ou la caresse d’une brise d’automne sur notre visage. Je ne le défendrai jamais assez : chercher le beau, s’en entourer, cela n’a rien de mièvre ou de superficiel.
À ce sujet, voici ce que j’ai écrit dans mon livre : “À mon sens, c’est une façon de contrer la laideur du monde — celle qui nous affecte. C’est créer à travers l’esthétique (on y revient) une cohérence, un refuge, un fil conducteur. Certains y voient de la futilité, et pourtant… Infuser de la beauté dans notre environnement de vie et notre espace mental, cela modifie la fréquence énergétique de notre existence. Et puis, je me sens reconnaissante de savoir encore m’émerveiller de peu…”
Je sais que je ne suis pas la seule à souhaiter vivre autrement, et c’est la raison pour laquelle j’ai créé Terres de traverse. C’est ma contribution à ce monde qui devient dingue : offrir un espace où rien ne presse, où l’on peut explorer en toute liberté, sans devoir immédiatement définir, classer ou choisir une direction précise. Loin des sentiers balisés.
Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans cette envie de ne pas vous contenter d’une vie par défaut, dans cette curiosité qui vous emmène toujours un peu plus loin, ou encore dans le besoin de préserver un univers intérieur riche et vivant — un pied de nez à ce monde qui laisse parfois bien peu de place à la nuance. Si c’est le cas, j’espère que vous trouverez ici une partie de ce que vous cherchez. Soyez les bienvenus sur ces terres de traverse, et puissiez-vous, ici, vous sentir libres d'exister en entier.
PS Si vous demandez par où commencer, je vous invite à explorer Le chemin de traverse, une série de cinq textes consacrés au retour à soi, ou Changer sa relation à la vie, une collection de trois textes pour retrouver une relation plus paisible avec le temps — et avec la vie.